Croissance du chiffre d’affaires et CAGR : la calculer sans erreur
Calculer la croissance annuelle moyenne (CAGR) du chiffre d’affaires, où lire les chiffres dans un rapport annuel, seuils usuels par profil, croissance organique et pièges.
Publié en
Définition
La croissance du chiffre d’affaires mesure la progression des ventes d’une entreprise sur une période. Sur plusieurs années, on la résume par le taux de croissance annuel moyen, ou CAGR (compound annual growth rate) : le taux constant qui, appliqué chaque année, mène du premier chiffre au dernier. C’est le premier signe qu’une activité trouve de nouveaux clients ou facture plus cher.
Formule
CAGR = (chiffre d’affaires de la dernière année / chiffre d’affaires de la première année) puissance (1 / nombre d’années) − 1
Où le lire dans un rapport annuel
Le chiffre d’affaires figure en tête du compte de résultat, parfois sous le nom de produits des activités ordinaires. Le rapport de gestion donne souvent la croissance organique, à périmètre et changes constants, qui retire l’effet des acquisitions, des cessions et des devises.
Seuils usuels
Qualité long terme : 8 % et plus par an sur 5 ans pour le vert, 4 à 8 % pour l’orange. Croissance raisonnable : 15 % et plus par an sur 3 ans pour le vert, 8 à 15 % pour l’orange. Une entreprise mûre d’un secteur stable progresse souvent de 3 à 6 % par an, à peine plus que l’inflation.
Dans les stratégies préréglées
| Stratégie préréglée | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Qualité long terme Croissance du chiffre d'affaires (moyenne annuelle sur 5 ans) | ≥ 8 % | 4 % à 8 % | < 4 % |
| Croissance raisonnable Croissance du chiffre d'affaires (moyenne annuelle sur 3 ans) | ≥ 15 % | 8 % à 15 % | < 8 % |
Pièges
- Une croissance obtenue par des acquisitions n’a pas la même valeur qu’une croissance organique : compare les deux quand le rapport les distingue.
- Les effets de change gonflent ou réduisent la croissance d’une entreprise qui facture dans plusieurs devises.
- La moyenne simple des taux annuels surestime la croissance quand ils varient beaucoup : utilise le CAGR.
- Une croissance du chiffre d’affaires sans hausse des marges peut cacher des baisses de prix pour gagner des parts de marché.
Où il ne s’applique pas
- Banques et assurances : le chiffre d’affaires y prend une autre forme (produit net bancaire, primes), à comparer seulement entre entreprises du même secteur.
- Négoce de matières premières : le chiffre d’affaires suit surtout les cours des matières, pas l’activité.
Un exemple chiffré
Une entreprise fictive, appelée ici Entreprise G, est passée de 500 à 735 millions d’euros de chiffre d’affaires en cinq ans. Son CAGR vaut (735 / 500) puissance (1 / 5) − 1, soit 8 % par an.
CAGR ou moyenne simple
Prenons une autre entreprise fictive dont le chiffre d’affaires passe de 100 à 150 (+ 50 %), puis retombe à 90 (− 40 %). La moyenne simple des deux taux donne + 5 % par an. Pourtant, l’entreprise facture moins qu’au départ : son CAGR est de (90 / 100) puissance (1 / 2) − 1, soit environ − 5 % par an. C’est pourquoi les stratégies préréglées parlent de moyenne annuelle au sens du CAGR.
La période choisie compte
Un CAGR dépend beaucoup de ses deux années de référence. Partir d’une année de crise donne un taux flatteur, partir d’un sommet donne un taux décevant. Le même calcul sert pour le BPA et pour le dividende.
Sources citées
- Rapports annuels des sociétés cotées (compte de résultat, rapport de gestion)
- Macrotrends, historiques de chiffre d’affaires