Aller au contenu
ruly

PER : le cours rapporté au bénéfice par action

Définition du PER (price earning ratio), formule, où lire le bénéfice par action dans un rapport annuel, niveaux usuels par profil, pièges des bénéfices exceptionnels et limites.

Publié en

Définition

Le PER (price earning ratio, ou coefficient de capitalisation des résultats) divise le cours d’une action par son bénéfice net par action. Il dit combien d’années de bénéfice actuel le marché paie pour une action. C’est le ratio de valorisation le plus cité, et le plus simple à calculer.

Formule

PER = cours / bénéfice net par action, ou capitalisation boursière / résultat net part du groupe

Où le lire dans un rapport annuel

Le bénéfice par action, de base et dilué, figure en bas du compte de résultat. Prends le BPA dilué. Pour un PER sur les 12 derniers mois, additionne les bénéfices des deux derniers semestres publiés. Le cours est celui du jour.

Seuils usuels

Value : 12 au plus pour le vert, jusqu’à 18 pour l’orange, rouge au-delà. Sur longue période, le PER moyen des grands marchés tourne autour de 15 à 20. Les entreprises de qualité ou en forte croissance se paient souvent plus de 25 fois leurs bénéfices, les entreprises cycliques ou en difficulté moins de 10.

Dans les stratégies préréglées

Stratégie préréglée Critère rempli À surveiller Critère non rempli
Value PER 0 à 12 12 à 18 > 18 ou < 0

Pièges

  • Un bénéfice gonflé par un élément exceptionnel (plus-value de cession) donne un PER artificiellement bas : utilise le résultat courant quand il existe.
  • Pour une entreprise cyclique, un PER bas apparaît souvent au sommet du cycle, juste avant la baisse des bénéfices, et un PER élevé au creux.
  • Le PER ignore la dette : deux entreprises au même PER peuvent avoir des niveaux d’endettement très différents. La VE / EBIT en tient compte.
  • PER passé, sur 12 mois ou attendu : les sites de données n’affichent pas tous le même. Compare des PER de même nature.

Où il ne s’applique pas

  • Entreprises en perte : un PER négatif n’a pas de sens.
  • Foncières : l’amortissement des immeubles réduit le bénéfice comptable, on utilise plutôt le cours rapporté au résultat récurrent ou à l’actif net réévalué.
  • Entreprises au bénéfice proche de zéro : le PER devient énorme et ne dit rien.

Un exemple chiffré

Une entreprise fictive, appelée ici Entreprise V, cote 45 € et a publié un bénéfice dilué de 3,00 € par action. Son PER vaut 45 / 3 = 15 : orange pour la stratégie préréglée Value.

Le rendement bénéficiaire

L’inverse du PER, le bénéfice divisé par le cours, s’appelle le rendement bénéficiaire. Un PER de 15 correspond à un rendement bénéficiaire de 6,7 %. Ce chiffre se compare plus facilement au rendement d’une obligation ou au rendement FCF.

PER et croissance

Un PER élevé n’est pas forcément excessif si le bénéfice progresse vite. Le PEG rapporte le PER à la croissance attendue pour tenir compte de cet effet.

Sources citées

  • Rapports annuels des sociétés cotées (compte de résultat, résultat par action)
  • Benjamin Graham, ouvrage « L’Investisseur intelligent »