Dette nette / EBITDA : mesurer le poids de la dette
Définition du ratio dette nette / EBITDA, formule, où lire la dette et l’EBITDA dans un rapport annuel, seuils usuels par profil, effet de la norme IFRS 16 et pièges.
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Définition
Le ratio dette nette / EBITDA rapporte la dette financière, diminuée de la trésorerie, au résultat opérationnel avant dotations aux amortissements (EBITDA). Il dit en combien d’années l’entreprise rembourserait sa dette si elle y consacrait tout son EBITDA. Plus il est bas, plus elle garde de marge de manœuvre en cas de baisse de ses résultats.
Formule
Dette nette / EBITDA = (dettes financières − trésorerie et équivalents) / EBITDA
Où le lire dans un rapport annuel
Les dettes financières, à court et à long terme, et la trésorerie se lisent au bilan. La note annexe sur l’endettement donne souvent la dette nette toute calculée. L’EBITDA n’est pas une rubrique obligatoire du compte de résultat : il figure en général dans le rapport de gestion, sinon il se calcule en ajoutant au résultat opérationnel les dotations aux amortissements du tableau des flux de trésorerie.
Seuils usuels
Qualité long terme : 1,5 au plus pour le vert, jusqu’à 3 pour l’orange. Dividende croissant : 2,5 et 3,5. Value : 2 et 3. Un ratio négatif signifie que la trésorerie dépasse la dette. Les secteurs aux revenus très stables (réseaux, concessions) supportent souvent 4 à 5 fois l’EBITDA.
Dans les stratégies préréglées
| Stratégie préréglée | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Qualité long terme Dette nette / EBITDA | ≤ 1,5 | 1,5 à 3 | > 3 |
| Dividende croissant Dette nette / EBITDA | ≤ 2,5 | 2,5 à 3,5 | > 3,5 |
| Value Dette nette / EBITDA | ≤ 2 | 2 à 3 | > 3 |
Pièges
- Depuis la norme IFRS 16 (2019), les loyers des contrats de location entrent dans la dette et sortent des charges : la dette et l’EBITDA augmentent tous les deux. Compare des chiffres calculés de la même façon, avant ou après IFRS 16.
- La trésorerie de fin d’exercice peut être ponctuellement haute (encaissements de décembre) : la dette nette moyenne de l’année est parfois bien plus élevée.
- L’EBITDA ignore les investissements : une entreprise qui doit beaucoup investir pour entretenir ses actifs a moins de capacité de remboursement que le ratio ne le dit.
- Les engagements de retraite et certaines dettes hors bilan n’entrent pas dans la dette nette, alors qu’ils pèsent sur l’entreprise.
Où il ne s’applique pas
- Banques et assurances : la dette est leur matière première, le ratio n’a pas de sens. Les ratios de solvabilité réglementaires le remplacent.
- Foncières : on y suit plutôt la dette rapportée à la valeur des immeubles (loan to value).
Un exemple chiffré
Une entreprise fictive, appelée ici Entreprise K, a 600 millions d’euros de dettes financières et 150 millions d’euros de trésorerie. Sa dette nette vaut 450 millions d’euros. Son EBITDA est de 250 millions d’euros. Son ratio est de 450 / 250 = 1,8 : orange pour Qualité long terme, vert pour Dividende croissant et Value.
Ce que le ratio ne dit pas
Le ratio ne dit rien de l’échéance de la dette ni de son taux. Une dette de 3 fois l’EBITDA à taux fixe et remboursable dans dix ans pèse moins qu’une dette de 2 fois à rembourser l’an prochain. La note annexe sur l’endettement donne l’échéancier. Voir aussi la fiche trésorerie nette.
Sources citées
- Rapports annuels des sociétés cotées (bilan, note sur l’endettement)
- IFRS Foundation, IFRS 16 (contrats de location)