Règle des 40 : croissance et marge FCF des éditeurs de logiciels
Ce que mesure la règle des 40 (croissance du chiffre d’affaires plus marge FCF), comment la calculer d’après un rapport annuel, seuils, pièges et secteurs exclus.
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Définition
La règle des 40 additionne la croissance du chiffre d’affaires et la marge de flux de trésorerie disponible (FCF divisé par le chiffre d’affaires). Elle juge l’équilibre entre croissance et rentabilité : une entreprise peut sacrifier sa marge pour croître vite, ou croître lentement avec une marge élevée. La somme des deux résume les deux options en un seul chiffre.
Formule
Règle des 40 = croissance annuelle du chiffre d’affaires (%) + FCF / chiffre d’affaires (%)
Où le lire dans un rapport annuel
La croissance du chiffre d’affaires se calcule à partir du compte de résultat de deux exercices successifs. Le FCF se calcule à partir du tableau des flux de trésorerie : flux de trésorerie d’exploitation moins investissements. Certains éditeurs publient eux-mêmes leur marge FCF dans le rapport de gestion.
Seuils usuels
Croissance raisonnable : 40 % et plus pour le vert, 25 à 40 % pour l’orange, rouge en dessous. Le repère de 40 % vient de la pratique des investisseurs dans le logiciel par abonnement. Certains utilisent la marge d’EBITDA à la place de la marge FCF, ce qui donne des chiffres plus élevés.
Dans les stratégies préréglées
| Stratégie préréglée | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Croissance raisonnable (calculé) Croissance du chiffre d'affaires + marge FCF | ≥ 40 % | 25 % à 40 % | < 25 % |
Pièges
- La règle ignore la dilution : une marge FCF flatteuse peut reposer sur des rémunérations en actions, qui ne sortent pas de la trésorerie.
- Une croissance obtenue par acquisitions gonfle le total sans dire si l’activité d’origine progresse.
- Une année isolée peut tromper : un gros contrat payé d’avance fait bondir la marge FCF de l’année.
- Comparer des entreprises qui n’utilisent pas la même marge (FCF, EBITDA, résultat opérationnel) n’a pas de sens.
Où il ne s’applique pas
- Industrie, distribution, énergie : leurs marges et leurs besoins d’investissement rendent le seuil de 40 % hors de portée sans que l’entreprise soit fragile.
- Banques, assurances et foncières : le FCF n’y a pas le même sens.
Un exemple chiffré
Une entreprise fictive de logiciels, appelée ici Entreprise J, voit son chiffre d’affaires passer de 160 à 200 millions d’euros, soit une croissance de 25 %. Son FCF est de 30 millions d’euros, soit une marge FCF de 30 / 200 = 15 %. Sa règle des 40 donne 25 + 15 = 40 % : elle atteint juste le vert.
Pourquoi une somme
Une entreprise qui croît de 50 % peut perdre de l’argent un temps sans inquiéter, si sa croissance rapproche le moment où ses coûts fixes seront couverts. Une autre qui croît de 5 % doit dégager une marge FCF de 35 % pour atteindre le même total. La somme met les deux profils sur la même échelle. Voir aussi la fiche croissance du chiffre d’affaires.
Sources citées
- Rapports annuels des sociétés cotées (compte de résultat, tableau des flux de trésorerie)